
Céleste Gatier (1996) est une artiste sonore, performeuse et chercheuse en histoire de l’architecture japonaise. À partir de sa double formation en art (DNSEP à l’École Nationale Supérieure d’Arts de Paris-Cergy) et archéologie (licence, master, doctorat à Sorbonne-Université), elle développe une démarche artistique transdisciplinaire, s’intéressant à la fragilité de l’objet sonore et sa spatialisation.
Sa pratique d’« électronique fragile » s’appuie sur des dispositifs sonores qu’elle conçoit à partir de papiers augmentés électriquement et de circuits électroniques self-made. Ils se déploient dans des performances, des concerts et des installations sonores, instaurant des situations d’écoute intimiste. Inspirée par une forme d’archéologie sonore expérimentale, ce travail repose sur une attention fine portée aux gestes, à la manipulation directe de la matière et des objets sonores, dont elle exhume des bruits ténus, fugaces, presque imperceptibles. La défaillance y agit comme un moteur poétique et structurel, donnant à entendre le bruit du temps à travers l’usure des circuits d’énergie, l’instabilité des systèmes et la déflagration de l’espace sonore. Elle redessine l’architecture et l’espace ambiant, les faisant craquer de toute part.
Cette pratique d’art sonore se nourrit notamment de ses recherches de thèse. Elle étudie les pièces de thé japonaises construites en Europe, et particulièrement le transfert du patrimoine sonore et acoustique de la cérémonie du thé. Elle travaille en collaboration des acousticiens français et japonais (CNRS/Kyoto University) pour développer des méthodes expérimentales d’archéologie sonore et d’ « acoustique du silence » .
Elle s’est produite en concert et performance en France et à l’étranger (Argentine, Espagne, Portugal, Suisse, Belgique), avec des commandes pour des événements internationaux importants : Live Electronics au Centquatre (commande de l’Ina-GRM avec la Maison de la Radio), Biennale du Son (Le Mans), Semaine du son de l’UNESCO (Lyon), Festival Primavera noise (Buenos Aires), Festival Santo noise – Noche de los museos (Cordoba). Son travail a aussi été présentée dans des institutions pour l’art sonore telles que La Muse en Circuit – Centre National de Création Musical (Alfortville), la POP (Paris), les Instants Chavirés (Montreuil), Cave 12, ainsi qu’à la Galerie Jocelyn Wolff (Romainville).
Elle a sorti les albums en solo «Ermitage de la fumée violette» (novembre 24, Label MMLI, Fr) et «Fragments pour dominer le silence» (janvier 23, Label Scum yr Earth, Fr) et un album issu de son duo avec Leandro Barzabal «Meditate & Destroy» (mars 24, Label Les disques omnisons, Fr).